CGKInformatique

Obligations · Guide pratiqueLe RGPD pour une petite entreprise, sans jargon et sans panique.

Vous n’avez pas besoin d’un délégué à la protection des données ni d’un classeur de trois cents pages. Pour un commerce, un cabinet ou une PME, le RGPD tient en quatre obligations concrètes. Voici lesquelles, et comment les traiter en une demi-journée.

8 min de lecture Mis à jour en

Le RGPD a mauvaise réputation parce qu’on l’a présenté aux petites structures avec les mêmes documents qu’aux grandes. Dans les faits, si vous avez un fichier clients, un cahier de rendez-vous et des caméras, vous êtes concerné — et l’essentiel du travail consiste à écrire ce que vous faites déjà.

Les quatre obligations qui vous concernent vraiment

  1. 01

    Tenir un registre des traitements

    Une demi-journée, puis une relecture par an

    C’est un tableau, pas un rapport. Une ligne par usage que vous faites de données personnelles : fichier clients, gestion de la paie, liste de diffusion, vidéosurveillance, prise de rendez-vous. Pour chaque ligne : à quoi ça sert, quelles données, combien de temps, qui y accède.

    • La CNIL publie un modèle simplifié gratuit pour les petites structures.
    • Ce registre est obligatoire, et c’est le premier document demandé en cas de contrôle.
    • Il se relit une fois par an, pas plus.
  2. 02

    Informer les personnes concernées

    Une fois, puis à chaque nouveau formulaire

    Toute personne dont vous collectez des données doit savoir pourquoi, pour combien de temps, et comment exercer ses droits. En pratique : une page « données personnelles » sur votre site, une mention sous chaque formulaire, et un affichage pour les caméras.

    • La mention doit être lisible et compréhensible — pas un pavé juridique en petits caractères.
    • Pour les caméras, l’affichage doit être visible avant d’entrer dans la zone filmée.
    Alarme et vidéoprotection
  3. 03

    Ne pas garder les données indéfiniment

    À définir une fois

    C’est le point le plus souvent négligé : conserver un fichier client de 2012 « au cas où » est un manquement. Fixez une durée par type de données et tenez-vous-y.

    • Prospects sans suite : trois ans après le dernier contact est l’usage courant.
    • Documents comptables : dix ans, obligation légale.
    • Images de vidéosurveillance : un mois maximum en pratique courante, sauf procédure en cours.
  4. 04

    Sécuriser les accès

    À l’installation, puis en continu

    La sécurité n’est pas une obligation abstraite : c’est ce qui empêche une fuite. Un mot de passe par personne, un poste chiffré, une sauvegarde chiffrée, et pas de fichier client sur une clé USB dans une poche.

    • Session individuelle, jamais partagée.
    • Chiffrement du disque des ordinateurs portables — ce sont eux qui se perdent.
    • Accès retirés le jour du départ d’un salarié, pas la semaine suivante.
    Maintenance et sauvegarde

Ce dont vous n’avez probablement pas besoin

Beaucoup de petites structures paient pour des prestations qui ne les concernent pas. Voici le tri.

Obligatoire pour vous

À faire

  • Le registre des traitements
  • L’information des personnes
  • Des durées de conservation définies
  • Des mesures de sécurité proportionnées
  • Un contrat avec vos sous-traitants informatiques

Ces cinq points constituent le socle. Ils se traitent en une demi-journée pour une petite structure.

Rarement nécessaire

Sauf cas particulier

  • Un délégué à la protection des données (DPO)
  • Une analyse d’impact complète
  • Un audit de conformité annuel payant
  • Une certification RGPD — elle n’existe pas comme telle

Le DPO devient obligatoire dans des cas précis, notamment le suivi systématique à grande échelle ou le traitement massif de données sensibles.

Le cas des données de santé

Si vous êtes une profession de santé — cabinet dentaire, vétérinaire, kinésithérapeute, infirmier — vos données relèvent d’une catégorie particulière, dite sensible. Les obligations sont les mêmes, mais le niveau d’exigence est supérieur : accès strictement cloisonnés, traçabilité des consultations, et hébergement chez un prestataire certifié HDS dès que les données quittent votre cabinet.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout externaliser. Un serveur local correctement configuré, sauvegardé et cloisonné reste parfaitement légitime. C’est au moment où le logiciel métier passe en ligne que la question de l’hébergeur certifié se pose.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande sur le sujet.

Est-ce que je risque vraiment une amende ?

Les sanctions maximales prévues par le règlement visent les manquements graves de grandes organisations. Pour une petite structure, la CNIL procède le plus souvent par mise en demeure : elle demande de corriger dans un délai donné. Le vrai risque au quotidien n’est pas l’amende, c’est la fuite de données et la perte de confiance qui suit.

Mon prestataire informatique est-il concerné ?

Oui. Dès qu’un prestataire accède à vos données pour votre compte, il est sous-traitant au sens du RGPD, et un contrat doit encadrer ce qu’il peut en faire. C’est une obligation qui pèse sur vous, pas seulement sur lui — demandez-lui ce document.

Combien de temps puis-je garder mes images de vidéosurveillance ?

La durée doit être proportionnée à la finalité. En pratique, un mois est la durée couramment retenue et suffit très largement à constater un incident. Au-delà, il faut pouvoir justifier pourquoi — typiquement, une procédure en cours.

Faut-il un bandeau de cookies sur mon site ?

Seulement si votre site dépose des traceurs qui ne sont pas strictement nécessaires à son fonctionnement — mesure d’audience non exemptée, publicité, réseaux sociaux. Un site vitrine sans aucun traceur n’a pas besoin de bandeau, et c’est même préférable : rien à consentir, rien à gérer.

Une question sur votre cas précis ?

Ce guide donne le cadre général. Dix minutes au téléphone suffisent souvent à savoir ce qui s’applique vraiment chez vous. C’est gratuit et sans engagement.

Appeler Devis